Comment se structure l’offre du bois français ?

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Pour cette première table ronde de l’édition Carrefour du bois de Transition 2020, Stéphane Miget reçoit sur son plateau : Caroline Berwick, adjointe au délégué général de la Fédération nationale du Bois, Vincent Marlin, chef produit pôle construction pour Piveteau Bois et Karine Bouhier, dirigeante les charpentiers de l’Atlantique. Ils nous parlent de la structure de l’offre du bois français.

Karine Bouhier : « On consomme de plus en plus de bois français. Il y a 5-6 ans, on était sur 80% de bois du nord aujourd’hui c’est l’inverse. Au niveau du carbone, le fait de travailler avec du bois français est plus intéressant parce qu’on réduit les émissions en partie grâce au transport. L’offre est beaucoup plus variée. Les certifications sont importantes au niveau des marchés publics. On a besoin de justifier la classification des bois. On vient de finir une crèche à Saint-Herblain pour laquelle nous avions le lot bardage-structure. Nous avons utilisé du mélèze sur 4000m2. Les architectes ont également travaillé sur la mise en avant de nos bois qui sont différents des bois du nord. »

Vincent Marlin : « Il y a une réelle évolution depuis 10-15 ans. C’est une remise en question des méthodes de travail des scieurs qui sont plus orientés marché. On s’est beaucoup plus intéressé à l’aval pour savoir quel type de produits avaient le maximum de débouchés au niveau du marché. S’intéresser à l’aval c’est s’intéresser aux qualités de produits et aux attentes des consommateurs et des utilisateurs de produits. On va sélectionner en forêt la qualité attendue par les clients : bardage et structure. Si l’on va vers des produits plus techniques, il faut que l’on repense nos capacités de séchage et nos capacités de collage. L’ensemble de la filière a investi pour avoir un outil industriel plus performant et proposer un large panel de produits qui correspond au marché en France. La certification bois français a permis de mettre des procédures de contrôle sur la qualité de nos produits et de garantir une qualité. Notre offre évolue continuellement. L’offre française est crédible elle commence à répondre aux attentes des consommateurs. »

Caroline Berwick : « L’offre bois français se structure. Au niveau de la FNB, on constate un vrai dynamisme. Les industriels s’organisent pour développer des offres commerciales et attaquer fort sur le marché. De plus en plus, les entreprises innovent pour aller vers plus de valeur ajoutée et répondre au plus près des besoins des entreprises de l’aval.  Dans le chêne, on a une entreprise qui développe des platelages en chêne lamellé-collés en forte épaisseur pour répondre au marché des collectivités. Au niveau collectif, il était important d’accompagner les entreprises vers une meilleure connaissance des produits et une certification des produits. Il y a eu beaucoup de campagne pour le classement mécanique des bois. La quasi-totalité des essences français sont en cours de certification. La prochaine étape, c’est essayer de revendiquer la provenance française et de la positionner sur les marchés. Il y a encore de travail sur la partie certification notamment sur les essences feuillus. L’offre bois français est bien présente, il faut continuer à faire des partenariats avec les entreprises françaises pour arriver à valoriser au mieux les essences françaises dans toute leur diversité. La richesse c’est la diversité. »