Matinale de la construction bois – Bois en extérieur : finitions et vieillissement

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Lors de Batimat, le 3 novembre dernier, pour la deuxième Matinale de la construction bois sur bati-journal.tv, Stéphane Miget, rédacteur en chef du magazine Planète Bâtiment, réunissait, autour du thème « Bois en extérieur : finitions et vieillissement », les invités suivants : Vincent Marlin, responsable du pôle Produits du bâtiment, Piveteau Bois ; Étienne Mégard, architecte, Mégard Architectes ; Guillaume Bélus, architecte, Belus & Henocq ; Matthieu Foulonneau, gérant Ideobis, corédacteur avec Atlanbois de l’ouvrage Le bois en extérieur.

Le matériau bois positionné sur un ouvrage évolue selon son environnement. La question est d’anticiper cette évolution ou de la garantir à minima. Les fabricants essayent d’apporter des réponses au grisonnement du bois, et des solutions d’imprégnation dans la masse par autoclave peuvent être combinées pour satisfaire à la fois l’aspect fonctionnel et esthétique. Quant à l’ouvrage lui-même, la conception est importante : conception drainante, débords de toiture, pentes, ventilation, suppression de l’eau stagnante, pose à la verticale du bardage… Bref, autant de problèmes qui sont ceux du bâtiment en général, pas seulement en bois.

Vincent Marlin, responsable du pôle Produits du bâtiment, Piveteau Bois

Le bois n’est pas le seul matériau qui vieillit. Il va vieillir différemment selon le système qui l’enrichit. Dans le cadre des formes de vieillissement, deux notions sont introduites dans notre ouvrage. La durée fonctionnelle : période durant laquelle le bois va remplir son usage, durée liée à l’intégrité du matériau et aux fixations ; la durée d’aspect : période durant laquelle le bois satisfait d’un point de vue esthétique, et l’intégrité du matériau peut y entrer en ligne de compte, mais ce n’est pas seulement ça, on parle ici du grisonnement… Le grisonnement est souvent associé par erreur à une défaillance fonctionnelle, or un bois gris n’est pas un bois pourri. Un bois même naturel nécessitera un minimum d’entretien.

Matthieu Foulonneau, gérant Ideobis, corédacteur avec Atlanbois de l’ouvrage Le bois en extérieur.

Travailler avec le bois, c’est accepter son vieillissement… ou alors plutôt travailler avec un matériau inerte. Mais il y a le vieillissement voulu et celui qui n’est pas souhaité : il est impératif de traiter correctement les parties courantes et les points singuliers, la garde au sol par exemple. Nous convaincons les bailleurs sociaux et les collectivités par les performances économiques et l’emploi de bois naturel qui ne nécessitera pas de traitement, intégré à une conception adaptée de l’ouvrage, non par celui de bois qui nécessitera un entretien. Le vieillissement peut être voulu d’un point de vue esthétique. L’usage du bois est une sorte de formation continue, les solutions naissent avec les projets architecturaux. C’est un travail de collaboration dans le choix des essences, des autres matériaux, de leur mise en œuvre et dans le traitement soigneux des détails.

Guillaume Bélus, architecte, Belus & Henocq

Nous recherchons des patines, des prégrisaillements anticipant le changement d’aspect du bois car beaucoup de maîtres d’ouvrage n’acceptent pas son évolution des deux premières années et visent une inertie d’aspect de la façade de vingt ans. La résistance à l’usage du matériau bois concerne sa durée d’aspect, pas sa durée fonctionnelle.

Étienne Mégard, architecte, Mégard Architectes